Une start-up britannique révolutionne l’électrification en éliminant les terres rares des moteurs électriques.
À l’heure où l’électrique dépend massivement de matériaux critiques contrôlés par quelques pays, une innovation européenne pourrait inverser la donne. La start-up Advanced Electric Machines (AEM) annonce un moteur exempt de terres rares – une promesse de rupture technologique.
Un partenariat stratégique vient d’être signé avec un grand équipementier mondial, signe que la filière automobile prête l’oreille à cette alternative présentée comme moins chère, plus durable et moins dépendante.
Le talon d’Achille des moteurs électriques classiques
La majorité des moteurs de véhicules électriques reposent sur des aimants permanents contenant des terres rares comme le néodyme ou le dysprosium. Ces matériaux sont coûteux, polluants à extraire et surtout très concentrés dans certaines régions du monde (notamment la Chine).
La dépendance vis-à-vis de ces matières critiques constitue un risque technologique, industriel et géopolitique pour les constructeurs.
Avec l’innovation d’AEM, c’est un pas vers une moindre vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement.
Une technologie sans aimants, sans terres rares, sans cuivre
Basée au Royaume-Uni, AEM (spin-out de l’université de Newcastle) a mis au point des moteurs qui ne nécessitent ni aimants permanents ni terres rares, et visent même à supprimer le cuivre dans certains modèles.
Cette technologie brevetée permet d’utiliser des matériaux abondants comme l’acier et l’aluminium.
Grâce à cette architecture, AEM affirme que ses moteurs atteignent des densités de puissance et des efficacités comparables, voire supérieures, aux moteurs traditionnels à aimants.
Une stratégie industrielle et mondiale
En 2023, AEM a levé 23 millions de livres pour accélérer la production et la R&D de sa technologie sans terres rares.
Par ailleurs, elle a passé un accord de licence avec un fabricant indien pour produire ses moteurs en Asie et renforcer sa présence mondiale.
Cette démarche illustre que le virage vers des solutions « sans terres rares » ne se limite plus à un prototype mais s’inscrit dans une logique de déploiement à grande échelle.
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Quels impacts pour l’Europe et les géants du marché
Si cette technologie tient ses promesses, elle pourrait redessiner l’équilibre entre les grands groupes asiatiques et américains d’un côté, et l’innovation européenne de l’autre. En réduisant la dépendance aux terres rares, l’Europe renforce sa souveraineté technologique.
De plus, les gains potentiels : coûts moindres, recyclabilité améliorée, empreinte environnementale réduite. AEM estime ainsi pouvoir économiser d’énormes quantités de CO₂ et de déchets radioactifs grâce à ses moteurs.
Pour les constructeurs, l’enjeu est majeur : adopter la technologie d’AEM pourrait devenir un avantage compétitif — mais aussi un pari industriel.
Alors que la transition vers l’électrique s’accélère, l’enjeu du « dernier kilomètre technologique » repose aussi sur les matériaux. Le moteur d’AEM ouvre une voie qui pourrait stimuler toute une chaîne : de l’alliage à la fabrication, du recyclage aux nouveaux usages de mobilité. Si la filière répond à cette innovation, l’Europe pourrait non seulement combler son retard, mais aussi exporter une solution alternative à la logique actuelle dominée par les aimants à terres rares.
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Conclusion
L’innovation de AEM s’annonce comme un « game changer » pour la motorisation électrique. Elle questionne les modèles établis et invite à repenser les fondations mêmes de l’électrification automobile. Quel rôle cette technologie jouera-t-elle dans le futur des constructeurs ?
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